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1 octobre 2010 5 01 /10 /octobre /2010 15:39

(JPEG)

 

Six feet under

 

Cauchemar ultime, Buried est un film d’action dans un cercueil en bois doublé d’une métaphore sur la solitude paradoxale de l’être humain moderne. Avec un grand Ryan Reynolds.

 

Le pitch: Ouvrez les yeux. Vous êtes dans un espace clos, sous 1 tonne de terre irakienne avec 90 minutes d’oxygène et pour seule connexion vers l’extérieur un téléphone portable à moitié rechargé. Tel est le destin de Paul, entrepreneur Américain pris en otage et enfermé dans une boîte. Le temps file et chaque seconde qui passe le rapproche d’une morte certaine...

 

Mon avis: Il s’agit sans doute, même pour les non claustrophobes, du pire cauchemar que l’on puisse imaginer : être enterré vivant. Cette situation insoutenable a rarement été développée au cinéma sauf, bien entendu, dans Kill Bill vol.2 avec cette fameuse scène où Uma Thurman doit s’extirper d’un vieux cercueil en bois, cercueil qui ressemble par ailleurs beaucoup à celui de Ryan Reynolds. Il y a fort à parier que le doué Rodrigo Cortés a pris comme point de départ pour son histoire ce tour de force tarantinesque. Sauf qu’il en fait tout un film avec, comme règle principale, celle de ne jamais remonter à la surface. Nous sommes donc enfermés avec Reynolds pendant 90 minutes, quasiment en temps réel (quelques fondus viennent semer le doute) avec ce sentiment d’assister à une expérience cinématographique inédite. Nous insistons sur le terme « cinématographique » car il convient de souligner, à l’heure du home cinéma et du piratage, que Buried est l’un des rares films, hors 3D, dont la vision nécessite vraiment d’être dans une salle de cinéma pour l’apprécier à sa juste valeur. Nous avions déjà pu le constater pour la scène d’Uma Thurman précédemment citée, elle était beaucoup moins impressionnante dans notre salon qu’au cinoche puisque les conditions d’ « enfermement » ne sont tout simplement pas les mêmes. Le silence d’une salle de cinéma, le noir total et la configuration de l’écran sont des atouts majeurs difficiles à recréer chez soi... et c’est tant mieux. Néanmoins, notre principale interrogation avant de voir le film était la suivante : comment Cortés allait-il bien pouvoir nous tenir en haleine dans cette boîte pendant 1h30 ?

 

Aussi étonnant que cela puisse paraître, Buried est un film d’action, à échelle réduite certes, mais un film d’action quand même, avec sa dose de suspense et de rebondissements, et dont les principaux éléments sont un crayon, un briquet et un téléphone portable. Chaque mouvement du héros est un calvaire, chacune de ses respirations nous brûle la gorge et chaque coup de fil nous tient en haleine. Malheureusement pour lui, mais heureusement pour nous, on ne voit donc pas le temps passer et c’est une réelle prouesse, aussi bien scénaristique que technique. Le travail sur l’éclairage et surtout sur le son est absolument remarquable. La musique, fortement inspirée des œuvres de Bernard Hermann, est d’une efficacité redoutable. Le générique est d’ailleurs hitchcockien en diable.
Mais le film ne se résume pas simplement à l’équation minimum d’effets = maximum d’efficacité. Il se double également d’une légère mais pertinente réflexion sur la solitude, l’incompréhension et l’incapacité de l’être humain à communiquer malgré l’emploi d’outils technologiques censés le relier à ses congénères. Le personnage de Reynolds a beau être enterré dans le fin fond d’un désert irakien, il peut tout de même joindre par portable plusieurs administrations américaines. Mais ce n’est pas pour autant qu’il parvient à se faire comprendre pour obtenir de l’aide. Cruel cynisme kafkaïen, parfois un peu trop appuyé peut-être, mais terriblement savoureux. Demander à une personne en danger de mort son numéro de sécurité sociale en est un bon exemple. Certains creuseront sans doute plus profond (ha ha ha) en voyant dans cette histoire une parabole sur les méfaits du téléphone portable à l’encontre de notre société. Pourquoi pas ?

 

Au final, malgré quelques broutilles superflues (ralentis et flashbacks sonores), Buried est une grande réussite qui doit aussi beaucoup à son unique interprète. Voué à une carrière hollywoodienne de seconde zone, Ryan Reynolds prouve qu’il sait faire des choix intéressants et qu’il les assume avec beaucoup de talent. La naissance d’un grand acteur à suivre ? Peut-être. En tous cas, ce film ne sera pas son tombeau.

 

"Buried" de Rodrigo Cortés, avec Ryan Reynolds, sortie le 3 novembre 2010

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commentaires

Padls@hotmail.fr 01/10/2010 17:31


Je suis entièrement en désaccord avec le dernier commentaire : il est fortement recommandé de rire à ses propres blagues. Sinon qui le fera ? (ah ah ah) Impose ton style. C'est très bien
(boumtchiiiii)(clap clap clap clap) (ok j'arrête)


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