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24 septembre 2010 5 24 /09 /septembre /2010 15:34

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Captivant

 

Le Pitch: Carole est membre d’une équipe humanitaire dont la mission dans les Balkans touche à sa fin. Sur le chemin du retour, elle et ses deux co-équipiers sont brutalement attaqués et enlevés par des criminels aux motivations inconnues. Qui sont ces ravisseurs ? Que veulent-ils vraiment ? La vérité va se révéler terrifiante...

 

Mon avis: Attention, âmes sensibles au genre horrifique, ne vous abstenez surtout pas car voici un petit bijou de « film de genre », à la française s’il vous plaît, ce qui n’arrive pas tous les jours vous en conviendrez. Chose encore plus étonnante, ce premier film de Yann Gozlan nous séduit sans être pourtant un sommet d’originalité. C’est même on ne peut plus classique, que ce soit dans la forme, les effets, les dialogues, et bien entendu les références. Tout ou presque a déjà été vu mais tout ou presque est réussi grâce à une mise en scène sobrement stylisée qui génère une véritable angoisse, un travail sur le son admirable et des interprètes convaincants, ce qui est souvent le problème majeur de ce type de production dans notre Hexagone. Franchement, qui aurait misé sur Arié Elmaleh dans un film d’horreur premier degré ? Et pourtant il est parfait, tout comme Eric Savin, sorte de Tabarly naufragé de la vie. Mais c’est Zoé Félix qui nous bluffe le plus. Le film épousant quasi uniquement son point de vue, elle se devait de le porter avec conviction, ce qu’elle fait avec l’aplomb, la puissance athlétique et le débardeur d’une Sigourney Weaver qui pour une fois ne voudrait pas qu’on lui enlève ce qu’elle a dans le ventre... Bref c’est une véritable héroïne à l’ancienne.


A l’ancienne, comme cette manière de jouer sur nos peurs les plus primitives : la peur de l’étranger (les méchants des Balkans), la peur des légendes urbaines (le trafic d’organes), la peur des animaux (les chiens) et... la peur de mourir. A l’ancienne, comme ce recours aux effets simples mais terriblement efficaces dont l’exemple le plus probant est sans doute le gimmick de la sonnerie du téléphone qui sonne justement le glas des prisonniers. Cette humilité et cette simplicité sont les atouts majeurs de Gozlan, avec sa cinéphilie. Nous évoquions Sigourney Weaver pour la saga Alien (la petite fille muette fait d’ailleurs penser à la Newt de l’opus 2), mais il y a énormément de références distillées avec une précision chirurgicale (c’est le cas de le dire !). Des références qui nourrissent, font vivre et développent le film au lieu de l’étouffer dans son cocon sclérosé. On peut citer pêle-mêle Hitchcock avec le champ de tournesol de La mort aux trousses et dont les oiseaux ont été remplacés par des chiens lors d’une scène phobique éprouvante, l’ « œil » de Kubrick et/ou de Bunuel, Les yeux sans visage de Franju, l’obèse marâtre de Misery, Hostel, Calvaire etc...

 

Voilà donc une indéniable réussite qui, malgré un scénario effectivement très mince, possède tout de même une certaine profondeur, si ce n’est philosophique du moins esthétique, dans ses analogies entre humanité et animalité. Du relief, du suspense, de l’angoisse, du sang, de bons acteurs, des références, c’est tout ce que l’on demande à un film d’horreur et c’est ce que l’on a dans Captifs. Un cinéaste prometteur est peut-être né.

 

"Captifs" de Yann Gozlan, avec Zoé Félix, Eric Savin et Arié Elmaleh, sortie le 6 octobre

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