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5 avril 2013 5 05 /04 /avril /2013 15:37

 

 

Famille recomposée

 

Divorcée depuis presqu'un an, Polly a du mal à subvenir aux besoins de sa fille dans la conjoncture économique actuelle. Pour limiter les dégâts, elle emménage avec Natalie chez ses parents, en se convainquant que la situation est temporaire. Se confrontent alors deux visions opposées de la vie. Face à Polly qui s'efforce d'être une mère parfaite avec des valeurs conservatrices, les parents se révèlent être un couple excentrique et "relax" à la sexualité débridée.

 

 

Après How I Met Your Mother, How To Make It In America et avant How The Hell Am I Normal, voici donc How To Live With Your Parents. Comme le prouve son titre, et le pilote diffusé hier, le show de la créatrice de Parents Par Accident (et ancienne actrice de Côte Ouest !!!) ne brillera sans doute pas par son originalité. Elle s’inscrit au contraire dans une lignée de récentes séries comiques qui érigent la famille, via son regroupement tardif et parfois forcé, en rempart contre la crise économique mondiale. Vous me direz, quoi de plus normal pour divertir que de s’appuyer sur les préoccupations de ses contemporains, d’en proposer un traitement humoristique et de mettre en scène, pourquoi pas, un semblant de remède, l’incarnation d’un nouveau modèle de vie, nostalgique et réconfortant, à défaut d’être réellement alternatif.

 

Les comédies américaines semblent croire dur comme fer que la crise familiale est préférable à la crise économique. Pour faire face à cette dernière, la seule solution serait de se regrouper, de se recroqueviller dans le cocon a priori douillet du bercail, réunir les générations malgré l’opposition des valeurs inhérentes à chacune et préférer donc vivre sous le même toit et s’engueuler plutôt que de risquer de se retrouver à la rue sans personne à qui parler. Ce modèle, emprunté consciemment ou non au protectionnisme américain, est en tous cas une mine d’or pour les scénaristes. Il suffit de s’imaginer soi-même vivre en coloc’ avec enfants, parents, grands-parents… Il y aurait des histoires et anecdotes à raconter tous les jours ! Amour, haine, tendresse, rancœur, un bien beau cocktail maso…pardon… maison.

 

 How To Live With Your Parents (For The Rest of Your Life) : photo Sarah Chalke

 

Mais le fond de cette affaire de famille est tout de même assez triste. En reconnectant le cordon, les personnages pensent repartir de zéro pour préparer leur nouvel envol. Sauf qu’ils s’isolent tellement du reste de la société qu’ils ressemblent à de parfaits autistes dès qu’ils mettent un pied dehors. Et regagnent invariablement leurs pénates comme attirés par un vortex irrésistible. Même l’ex-mari de l’héroïne de HTLWYP continue de squatter la maison et d’appeler son ancien beau-père « papa ». Comme s’il n’y avait pas d’avenir possible à l’extérieur, d’où le sous-titre anxiogène de la série: For The Rest of Your Life.

 

Deuxième petit souci, celui-ci d’ordre général: une tenace impression de déjà-vu se fait sentir. En effet le schéma semble être toujours le même ou presque. Un personnage divorcé ou veuf, avec un enfant, s’entête à maintenir ou recréer un noyau familial avec cet enfant comme point d’ancrage. C’est le cas dans la défunte Ben and Kate (avec le retour du frère), The New Normal (la grand-mère) et surtout Raising Hope dont HTLWYP semble être le pendant féminin. L’équation est identique : parents loufoques et insouciants qui ont eu leur enfant très tôt + éducation laxiste et douteuse = personnage névrosé et/ou psychorigide + engueulades et reproches à gogo.

 

Malgré tout, ce pilote est assez plaisant et rythmé, sans atteindre les sommets de celui de Raising Hope, un modèle du genre. Et le ton plutôt libre de l’ensemble, renforcé paradoxalement par les censures visuelles et sonores (des carrés noirs ou floutés), donne envie de jeter un œil à la suite, d’autant que quelques « traits d’esprit » m’ont séduit. Un exemple en guise de conclusion ? Ok. Lors de sa première apparition, le beau-père de Polly est en tenue d’Adam. Il se sert d’un roman de Jonathan Franzen, Les Corrections, pour masquer ses parties intimes. Or on apprend plus tard qu’il a lui-même subi une « correction » anatomique en dessous de la ceinture : l’ablation d’un testicule...

 

La Note: 2.5/5

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