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31 mars 2011 4 31 /03 /mars /2011 11:56

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Ecran de fumée

 

Un biopic d’abord planant, puis indigent, qui accumule faits et anecdotes avec une certaine paresse. Pour Rhys Ifans, à la rigueur.

 

Le pitch: À la fin des années 60, Howard Marks quitte son Pays de Galles natal pour la prestigieuse université d’Oxford, où il découvre les plaisirs des soirées psychédéliques. Pour rendre service, il s’improvise passeur de marijuana. Il y prend goût. S’appuyant sur ses amitiés dans les services secrets et avec un chef de l’IRA, il développe un réseau de transport de cannabis entre le Pakistan et Londres. Il se retrouve bientôt à la tête du plus grand trafic de marijuana d’Europe. Howard Marks se fait alors appeler MR. NICE : un contrebandier non violent et plein d’humour, qui deviendra une figure de la contre-culture britannique.

 

Mon avis: Pas de doute, la vie rocambolesque d’Howard Marks méritait d’être transposée au cinéma. Mais Bernard Rose, cinéaste sur le retour, auteur du classique fantastique Candyman, ne méritait peut-être pas d’être à la tête d’un tel projet, lui qui cumule les casquettes de réalisateur, scénariste, monteur et directeur de la photo ! C’est sans doute trop pour un seul homme et, de fait, son film s’essouffle très vite, au bout de vingt minutes seulement, après une entrée en matière pourtant prometteuse qui voit le jeune et brillant Marks se déniaiser et s’acoquiner à sa maîtresse éternelle, la douce et vaporeuse Marie-Jeanne. Efficacité narrative, originalité voire audace dans le traitement (le Marks adolescent est joué par Rhys Ifans sans maquillage), scènes de défonce tragi-comique réussies, bref nous sommes happés dans le tourbillon de la vie du dealer le plus cool de la planète.
Las, par la suite, le charme hallucinogène dégagé par cet incipit perd nettement de sa teneur en opiacés. Le film ne devient qu’une enfilade de perles biographiques, savoureuses sur le papier, mais terriblement fades à l’écran. Les acteurs n’y sont pour rien et font ce qu’ils peuvent. Gallois comme Marks, Rhys Ifans est plus que légitime, lui qui fit d’ailleurs partie un temps du merveilleux groupe de pop Super Furry Animals, dont une chanson est intitulée Hangin’ With Howard Marks. Il est cependant regrettable que Chloë Sevigny ne soit désormais cantonnée qu’aux rôles de femmes au foyer éplorée comme dans Zodiac. C’est une insulte à ses vertus marginales !
Pour parachever le tout, le film possède un élément rédhibitoire commun à bon nombre de plantages de ce genre : la fausse bonne idée. En l’occurrence, le fait d’avoir incrusté les acteurs sur des images d’archives des différentes époques traversées par Marks, dans un souci d’authenticité dont chacun jugera le degré de pertinence. Pour moi, c’est raté et limite ridicule. Vous l’aurez compris, pour apprécier pleinement les pérégrinations narcotiques du bonhomme, mieux vaut se jeter sur son autobiographie papier (à rouler ou pas c’est à vous de voir), rééditée bien entendu pour l’occasion.

 

A l'affiche le 13 avril 2011

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