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25 octobre 2010 1 25 /10 /octobre /2010 14:25

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Tout petit scarabée

 

 

Le pitch: John Lennon a grandi dans une famille pleine de secrets. Elevé par sa tante Mimi, il retrouve à l’adolescence sa mère, Julia. Arrivé en âge de comprendre le mystère qui a déchiré ces deux sœurs, John veut réconcilier sa famille. Une paix fragile s’installe, aussitôt ruinée par une tragédie. Mais sa mère a légué à John un don précieux : la musique. Un jeune homme tourmenté trouve enfin sa voie.

 

Mon avis: Oui, John Lennon est un des musiciens les plus importants du 20ème siècle. Oui, John Lennon est une icône pop indéniable qui appartient à tout le monde. Oui, son assassinat fut une véritable tragédie. Mais, malgré ces affirmations, on s’interroge tout de même sur le degré de pertinence du film de la réalisatrice Sam Taylor-Wood, exactement comme l’on s’interrogeait, l’année dernière, sur la légitimité du documentaire Les USA contre John Lennon et du (mauvais) film sur Mark David Chapman, Chapitre 27. Franchement, quel est l’intérêt de faire un film sur la jeunesse de l’auteur d’Imagine ? Certes le petit scarabée a subi des tourments familiaux profondément marquants et traumatisants, dont il a nourri certaines de ses chansons par la suite. Mais de là à les mettre en scène, avec autant de fadeur et de pathos qui plus est...

La reconstitution de l’intime a toujours été le talon d’Achille de certains biopics. Ce sont en général de mauvais moments à passer, souvent mal maîtrisés, qui bouchent les trous entre deux épisodes ou légendes célèbres du personnage historique dont il est question. Ici, il n’y a quasiment que de l’intime, traité avec une banalité consternante. Autant lire la bio de Lennon sur Wikipédia ! Le problème est que la cinéaste n’a pas assez fantasmé son sujet (mais en avait-elle seulement les moyens ?) et se contente d’égrener les faits en plaçant ici ou là quelques clins d’œil paresseux sur le futur Beatles. Quitte à faire un film sur Lennon, autant partir dans un délire créatif qui bouscule et interroge le personnage ou tout du moins la ou les représentations que nous en avons. Nous aurions sans doute plus adhéré à l’originalité d’un film qui aurait osé, par exemple, imaginer la vie de Lennon s’il n’était pas mort à 40 ans, qu’à cette œuvre frustrante qui ne prend aucun risque. Désolé mais après le foisonnant I’m not there de Todd Haynes sur Bob Dylan, il n’est tout simplement plus possible de faire un film comme Nowhere boy. Le respect ne devrait jamais diluer l’audace.

 

"Nowhere boy" de Sam Taylor-Wood, avec Aaron Johnson et Kristin Scott-Thomas, sortie le 8 décembre 2010.

 

Illustration: PADLS

 

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