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5 mars 2011 6 05 /03 /mars /2011 10:02

(JPEG)

 

Motherfucker

 

Portrait sans fard d’une mauvaise mère prise au piège de la morale. Dommage que la mise en scène ne soit pas à la hauteur du sujet.

 

Le pitch: Audrey a quitté Eric. Reste leur fils de sept ans, Mathieu : Audrey le met chez sa mère, « en attendant ». Mais en attendant quoi ? De trouver un logement, un emploi, un compagnon stable ? Tout le monde voudrait savoir quoi faire de la jeune femme, bonne ou mauvaise mère, amante désirable ou "ex" qu’on ne veut plus voir, et elle, elle veut seulement se sentir vivante.

 

Mon avis: Le premier film de Marina Déak peut être étudié à l’aune des trois significations possibles de son mystérieux titre. D’abord l’histoire simple, sur le papier, d’une femme qui tente de poursuivre sa vie après une séparation et avec un enfant sur les bras. C’est en effet à ce moment que nous rencontrons le personnage d’Audrey, jeune femme solide en apparence mais qui va se sentir de plus en plus perdue face à cette nouvelle situation, ne plus savoir qui elle est et se courir après elle-même, deuxième sens du titre. Mais c’est la troisième signification qui donne tout son sel à cette première œuvre. Petit à petit, Audrey va fuir la « bonne conscience » qui cimente la civilisation en prônant, sans l’assumer totalement, son droit à être une « mauvaise mère », à revendiquer une liberté perdue et à s’infantiliser jusqu’à l’inconscience. Elle est poursuivie et rattrapée parfois par cette morale omniprésente, dont l’évidence n’est jamais remise en cause par les personnes qui l’entourent, même celles qui paraissent les plus dangereuses comme le personnage de Patrick auquel Aurélien Recoing prête son magnétisme habituel et la douceur ambivalente du prédateur. L’isolement social d’Audrey est inéluctable et l’on y assiste en étant partagé sur le jugement inévitable que l’on porte à ce personnage tout à fait fascinant.
Mais si le thème est effectivement puissant, on regrette d’autant plus que la mise en scène soit un peu en-deçà. Cette figure de l’anticonformisme est traitée avec beaucoup de...conformisme. Mis à part une belle scène sur un toit avec Recoing et une autre onirique dans une piscine, le reste peine à transcender le propos et distille même parfois un certain ennui. Mais le final, dans lequel Audrey prend conscience, de facto, de son inutilité et de sa perte d’identité, donne lieu à nouveau à une réflexion intéressante sur les conséquences de l’extraction de la société et engendre une dernière scène aussi bouleversante que pleine d’espoir. A découvrir.

 

A l'affiche le 9 mars 2011

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