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12 janvier 2011 3 12 /01 /janvier /2011 17:36

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S.O.S. Fantômes

 

L’iconoclaste Hélène Angel réussit une moitié de film fantastique avant de lâcher le spectateur pour une réflexion sociale mal maîtrisée.

 

Le pitch: Claire et Benoît arrivent à la campagne pour vendre la maison de famille dans laquelle le frère de Claire s’est récemment suicidé... Benoît veut lancer au plus vite des travaux afin de vendre au meilleur prix. Claire, dès le premier soir, est persuadée qu’ils ne sont pas seuls dans la maison...

 

Mon avis: Comme c’est rageant ! Après le récent Captifs, nous tenions presque un nouveau film de genre français réussi en l’espace de trois mois seulement. C’était trop beau pour être vrai. Mais nous y avons pourtant cru le temps d’une première partie maîtrisée et haletante faisant judicieusement appel, tout comme le film de Yann Gozlan, à des effets angoissants classiques mais redoutables. Sans introduction, le couple Berling/Bonneton débarque dans cette maudite maison et la peur n’aura de cesse de croître sur fond de désaccords conjugaux irréversibles. A tous les niveaux, le suspense est savamment entretenu. Le mystère flotte autour du frère suicidé, de sa relation avec sa sœur, de la folie naissante de cette dernière, mais aussi autour du mari débordé (que fait-il ? est-ce qu’il trompe sa femme quand il ne rentre pas le soir ?). Tout ou presque est sujet à interprétation, des phénomènes paranormaux à la trivialité du couple en crise. Il y a même un élément métaphysique quasiment lynchien (le trou dans la cave) pour parachever ce qui s’annonçait comme un film fantastique de haute tenue.
Et puis patatras. Le fantastique, justement, s’évapore à la moitié du film lors d’un rebondissement difficilement explicable dans cet article. Entendons-nous bien, la dimension sociale prise par le métrage est loin d’être inintéressante et met en lumière une violente confrontation avec le réel. Pour résumer, la petite bourgeoisie préfère fantasmer sur les fantômes de son passé plutôt que de s’intéresser aux laissés-pour-compte vivants comme des spectres à la lisière de la société. L’idée est belle mais malheureusement le traitement ne convainc pas, pour la bonne et simple raison que la tension qui animait le film s’est complètement envolée. En déplaçant les enjeux, Hélène Angel a pris le risque de perdre le spectateur de la même manière qu’elle perd ses personnages qui, livrés à eux-mêmes, sombrent petit à petit, de façon caricaturale, dans une colère et une folie plus du tout crédibles, jusqu’à s’embourber dans une scène finale grotesque où l’on retrouve le côté Grand-Guignol qui surgit dès que le cinéma français s’essaie au genre horrifique et fantastique. Oui, effectivement, c’est vraiment rageant !

 

A l'affiche le 19 janvier 2011

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