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1 septembre 2010 3 01 /09 /septembre /2010 11:20

Au milieu des années 80, le cinéaste Rob Reiner (« Quand Harry rencontre Sally », « Misery ») tournait son premier long-métrage, « This is Spinal Tap », un faux documentaire sur la vie mouvementée d’un groupe de hard rock écervelé. Irrésistiblement drôle, le film est rapidement devenu culte. 25 ans plus tard, Sacha Gervasi nous propose un autre documentaire tout aussi tordant mais cette fois-ci complètement vrai.

Franchement, à part les purs et durs, qui se souvient d’Anvil (« Enclume », tout un programme…) ? Le nom semble certes familier et l’on se rappelle vaguement cette anecdote sur un guitariste qui jouait avec un godemiché sur scène, mais c’est tout. Effectivement, l’Histoire du rock n’a pas été tendre avec ces pionniers du métal. Véritable référence pour les Metallica, Slayer et compagnie, le groupe n’a pourtant jamais connu le succès de ses rejetons. C’est pourquoi Gervasi, fan de la première heure et jeune roadie lors d’une tournée mémorable, a décidé de retrouver les deux membres fondateurs d’Anvil, Steve « Lips » Kudlow et Robb Reiner (à ne pas confondre !), 30 ans après les grandes espérances de leurs débuts. Et là, surprise ! Non seulement le groupe existe toujours, mais ils croient encore en leur chance de succès et prépare même un treizième album studio. C’est le début d’une sorte d’odyssée de la lose incroyable, marquée par les jobs miteux des musiciens, les concerts dans des petits clubs locaux devant un parterre réduit de fans hardcore qui boivent de la bière par le nez (si si !), une tournée désastreuse en Europe de l’Est organisée par une admiratrice incompétente, des engueulades, des problèmes d’argent, etc…

Le fait que l’histoire qui nous est contée soit réelle aurait pu déclencher une forme de sarcasme ou de pitié cynique malsaine. Mais il n’en est rien et ce sont plutôt des rires admiratifs qui nous déploient la gorge. Impossible ne pas être touché par l’immense ferveur qui anime ces deux quinquas talentueux (car ils le sont vraiment) qui ne vivent que pour la musique et dont le seul tort aura été de ne pas savoir jouer le jeu du show business alors que la gloire leur tendait les bras. Est-ce vraiment un tort d’ailleurs ? Quoi qu’il en soit, nous sommes sonnés par l’humanité débordante de ces grands ados et par la passion - au sens de souffrir pour ce que l’on aime - qui les habite. On assiste, qui plus est, à une histoire d’amitié (voire d’amour) profondément marquante. Le « casting » ne pouvait pas être plus efficace, avec d’un côté l’exubérance enfantine de « Lips » et de l’autre la sagesse timide de Reiner. Voir « Lips », au bord des larmes, hurler à un Reiner boudeur un « Coz I love you man ! », après une dispute d’anthologie, est un très grand moment de cinéma.

On regrettera tout de même les occurrences musicales « tristes », censées souligner l’émotion de certaines situations qui n’en avaient vraiment pas besoin. Gervasi aurait dû faire confiance jusqu’au bout à cette histoire forte qui ne nécessitait aucun artifice. En revanche nous lui sommes reconnaissants d’avoir eu l’intelligence de s’effacer devant son propos et d’avoir laissé ses anecdotes personnelles avec le groupe dans le dossier de presse et non sur l’écran. Grâce à lui, et à un montage et une construction remarquable, « Anvil » est désormais un rockumentaire essentiel qui donne la foi, peu importe en quoi.

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