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1 juillet 2011 5 01 /07 /juillet /2011 16:57

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L'école de l'utérus

 

Road trip haut en couleurs de performeuses lesbiennes influencées par les grandes figures du féminisme queer et post porn. Ou quand le sexe faible fait très fort !

 

Le pitch: Ce road-movie jouissif et truculent sur la post-pornographie et le mouvement féministe sex-positif suit les folles aventures de 7 jeunes artistes performeuses, réunies le temps d’une tournée épique en van à travers toute l’Europe. Pendant l’été 2009, la troupe a foulé les scènes cosmopolites des boîtes de nuits branchées parisiennes, en passant par les squats queers underground berlinois et les théâtres prestigieux de Paris, Berlin, Stockholm, Copenhague...

 

Mon avis: A la fois documentaire, road movie, théâtre filmé et essai féministe lesbien, Too much pussy ! est une œuvre protéiforme à l’image des six (fortes) personnalités qui lui donnent vie. Emilie Jouvet, auteure du film porno queer One night stand, a choisi d’enfermer ces six artistes et performeuses dans un van et de monter un spectacle itinérant à travers différents clubs européens. Même si la comparaison nous traverse forcément l’esprit, le film n’a pas grand-chose à voir avec la Tournée de Mathieu Amalric, tout simplement parce que la figure masculine y brille par son absence. C’est un film de femmes, bi ou lesbiennes, mais qui a l’intelligence de s’ouvrir à tous, notamment aux hétéros masculins (dont l’auteur de ces lignes fait partie, jusqu’à preuve du contraire), pour peu qu’ils aient plus de 16 ans bien entendu. A l’instar de l’œuf sorti du vagin de Sadie Lune, lors d’une représentation, la maïeutique employée par la cinéaste permet d’accoucher les consciences des artistes, en dehors de la scène, laissant libre cours à des réflexions pertinentes et universelles sur le(s) genre(s) humain(s), les fantasmes féminins, et surtout la notion de liberté sexuelle et corporelle. La contrepartie réside malheureusement dans le fait que cette mise en scène « hors show » tarisse quelque peu la spontanéité naturelle des jeunes femmes que l’on devine pourtant ravageuse. En organisant les discussions, Emilie Jouvet s’est mâché le travail du montage, qui a déjà dû être colossal, mais a de fait perdu un peu en fraîcheur.

C’est pour cette raison que l’on préfère les parties spectacle de cette aventure hors du commun. Si certains numéros, dans leur approche ludique et anatomique du sexe féminin, ne sont pas sans rappeler les performances de la reine du porno féministe Annie Sprinkle, notamment son fameux Public cervix announcement, l’efficacité conceptuelle et provocante de la « chose » n’en demeure pas moins flagrante. Mais c’est dans la dernière partie du film, lorsque Jouvet laisse réellement le temps aux numéros de se développer, que l’on assiste à de purs moments de poésie sauvage, avec des comédiennes en état de grâce, Mad Kate en tête, portées par une musique électro à la fois robotique et organique qui achève de faire basculer les performances dans une dimension métaphysique illustrant à merveille les émanations inconscientes des protagonistes. Get on the bus !

Sortie le 6 juillet 2011

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