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26 juin 2013 3 26 /06 /juin /2013 17:46
Devious Maids (Pilote)

Maid in USA

Quatre femmes de ménage d'origine latine travaillent pour de riches familles au coeur de luxueuses villas de Beverly Hills. Lorsque l'une de leurs amies est tuée dans des circonstances mystérieuses, elles s'interrogent sur leurs rêves et leurs espoirs déçus, sur leurs patrons, tous plus névrosés les uns que les autres, et sur leur avenir...

Non, ces Soubrettes Sournoises n’ont rien à voir avec un quelconque film porno latino. Il s’agit, réjouissez-vous Mesdames et maudissez le sort Messieurs, de la nouvelle série de Marc Cherry, le créateur de feu Desperate Housewives. Si l’on considère que les œuvres d’un véritable auteur sont identifiables sans que son nom ne soit mentionné, alors Cherry en est assurément un. Un milieu aisé, des couleurs criardes, une morte, quatre amies voisines, des mystères à la pelle et un humour volontiers caricatural. Loin de toute tentative de défrichage, malgré un léger glissement, nous sommes en terrain connu. Le glissement en question reposant sur un simple changement de perspective : les femmes de maison sont devenues des femmes de ménage. Nous allons suivre ces femmes qui observaient dans l’ombre celles que nous suivions dans Desperate Housewives. Ce nouveau point de vue est d’ailleurs souligné par la ressemblance frappante entre l’actrice Rebecca Wisocky qui campe une riche rigide et Marcia Cross qui jouait Bree Van de Kamp, comme s’il s’agissait d’un personnage pivot entre les deux séries. Pour le reste, la figure masculine en prend toujours un coup et les histoires seront a priori toujours aussi drôles qu’improbables. Ce qui n’est pas forcément désagréable.

Devious Maids (Pilote)

Mais le problème majeur de Devious Maids réside dans son manque d’ambition suspect. Il est trop criant pour que l’on n’y décèle pas la volonté de délivrer une sorte de palliatif paresseux aux millions de fans inconsolables de son aînée. Certes, cette décalcomanie fait mouche à certains moments, grâce au charme pétillant des actrices et à leurs interactions plutôt réussie, mais elle échoue à d’autres, notamment à cause d’un ton général déplaisant composé d’un humour noir convenu et d’une ironie forcée. Résultat: l’ennui risque de poindre plus rapidement que pour Desperate. Est-ce pour cette raison que le pilote a été confié à Paul McGuigan? Peut-être. En tous cas, la mise en scène virevoltante du réalisateur parkinsonien de Slevin, Push, du pilote de Scandal et de la majorité des Sherlock, aide à passer le temps entre deux sourires. Mais cela ne suffira sans doute pas sur la durée.

Devious Maids (Pilote)

Revenons pour finir sur la polémique entourant la série outre-Atlantique. Certains y ont vu un traitement caricatural des latinas. A mon avis elle n’a pas lieu d’être car TOUS les personnages sont de joyeuses caricatures, c’est la marque de fabrique de Cherry. On peut même dire que les employées sont mieux lotis que leurs employeurs puisque ces derniers sont égoïstes, hystériques et névrosées pour les femmes; veules, vicelards et idiots pour les hommes. A l’inverse, les maids sont joyeuses, sensibles, talentueuses et intelligentes. Il y a d’ailleurs un clin d’œil qui appuie cette opposition favorable aux latinas et qui préfigure sans doute la suite de la série : avant de mourir dans la scène inaugurale, la servante glisse un mot dans un livre intitulé The Peasant and the Devil (Le Paysan et le Diable, des frères Grimm). Or dans cette histoire, un paysan rusé parvient à duper un démon oisif en lui volant ses richesses…

La Note: 2.5/5

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Sébastien Mauge
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