Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
30 septembre 2013 1 30 /09 /septembre /2013 15:29
Breaking Bad (Final)

It's all over now, baby blue (Bob Dylan)

La Note: 5/5

Non, il n’y a pas eu de larmes. Juste le cœur un peu plus lourd qu’à l’accoutumée et un spleen grignotant nos entrailles et contrariant la digestion d’un petit déjeuner vite avalé au début de cette morne matinée. Aujourd’hui Breaking Bad s’en est allé dignement, nous livrant un épisode final à la hauteur de l’ensemble de la série et rejoignant ainsi Six Feet Under et The Wire au panthéon des œuvres télévisuelles les plus marquantes de l’histoire. J’ai presque écrit le mot « télévisuelles » à contrecœur, tant l’aura et l’impact de cette fiction dépassent les notions de cadre et de support. Ce n’est pas de la télé, ce n’est pas du cinéma, c’est quelque part à la frontière entre les deux, dans un endroit pour le moment aussi désert que le Nouveau Mexique au sein duquel les recherches esthétiques, l’audace scénaristique, l’étude des profondeurs psychologiques et les réflexions philosophiques et morales sont possibles. En six ans, patiemment, grâce à un travail d’orfèvre époustouflant, le chef-d’œuvre de Vince Gilligan aura changé la donne, à l’instar des séries précédemment citées.

Breaking Bad (Final)

Ce final déchirant ne se réduit pas à ce dernier épisode. Le compte à rebours était lancé depuis l’épisode 13 et la photo d’un baril rempli de billets reçue dans le Lav’Auto de Walter et Skyler. A partir de là, toute la mécanique implacable mise en place depuis des années s’est emballée, broyant tout sur son passage. Tout ce à quoi nous nous attendions s’est réalisé. Comme dans les tragédies classiques, le fatum a dirigé les personnages vers l’inéluctable, en prenant des chemins sinueux mais en s’appuyant clairement sur l’ironie du sort et l’absurdité de notre condition humaine, deux des piliers fondamentaux de la série. Et c’est parce qu’il est sans surprise que ce final est beau. Il était impensable que Jessie meurt, il était évident que l’infâme Todd et les néo-nazis allaient y passer et il était entendu que le dernier plan nous montrerait la mort de Walter. Le seul point d’interrogation concernait Hank mais la question fut vite réglée. Les codes de la tragédie ont donc été respectés : il ne s’agissait pas de savoir quelle serait la fin mais bel et bien comment les personnages allaient y parvenir.

Breaking Bad (Final)

Rarement la progression d’un récit n’aura été aussi savamment agencée. Tous les événements et les éléments clés des saisons passées ont été convoqués pour s’unir les uns avec les autres afin d’élaborer ce final. Tout fait sens pour expliquer, en plus d’épouser, la fuite en avant de Walter jusqu’à cette phrase clé, à la fois désarmante et dévastatrice, prononcée par ce dernier à Skyler : « I was alive ». Toute la série repose sur ces trois mots. Enfin le mensonge qu’étaient devenues les motivations familiales initiales part en fumée. Enfin le Walter White grotesque en slip blanc reconnaît avoir pris goût à son Heisenberg au chapeau noir mythique. Enfin il avoue que la revanche sur ses amis fortunés était au fond son seul moteur. L’évolution de ce personnage n’en finira pas de nous fasciner car elle s’inscrit bien au-delà du simple rapport binaire empathie/antipathie. Nous sommes plus dans l’appréhension et la compréhension. En ce qui me concerne, Walter n’a jamais cessé d’être une victime. Victime d’une pulsion de vie tardive enfantée par la peur de la mort. Victime du réveil de son ego dû aux méfaits de l’individualisme et d’un enrichissement ironiquement calqué sur le rêve américain, la réussite personnelle du self made man, elle-même provenant du modèle des pionniers et de la ruée vers l’or (le cristal meth étant ici l’or moderne). En fait Walter est victime d’être humain, chose qu’il n’avait peut-être jamais ressentie en un demi-siècle d’existence. Qui peut l’en blâmer ?

Breaking Bad (Final)

L’ironie existentielle qui innerve toute la série se retrouve bien sûr dans cette conclusion. Alors que plusieurs personnages l’incitent au suicide, Walt souhaite être tué par Jesse, son fils spirituel, comme pour boucler cette magnifique relation œdipienne. Mais c’est bien un suicide, indirect, qui causera sa perte. Ultime clin d’œil du destin à l’issue d’un assaut final aux allures de western, genre le plus convoqué, et modernisé, tout au long de ces cinq saisons. On a d’ailleurs pu savourer durant ces derniers épisodes des moments de bravoure dignes de Sergio Leone chez qui tout était affaire de rythme et de tension basés sur des détails. C’est par exemple le « duel » Hank/Walt, avec l’ouverture et la fermeture de la porte de garage, les téléphones «dégainés » pour appeler Skyler et le bourdonnement d’une voiture téléguidée à la place de celui des mouches de Charles Bronson. C’est aussi l’alarme de voiture, quand Junior refuse de mettre sa ceinture, qui devient une véritable menace métronomique du destin tragique en marche. La liste est longue et j’en ferais peut-être l’inventaire un jour. En attendant, nous ne pouvons que remercier Vince Gilligan, ses interprètes, ses auteurs et tous ceux qui ont participé, de nous avoir offert une œuvre qui nous marquera à vie, en plus d’un mètre-étalon pour toutes les séries ayant l’ambition de nous marquer dans le futur.

Repost 0
Sébastien Mauge
commenter cet article
29 septembre 2013 7 29 /09 /septembre /2013 15:00
Trophy Wife (Pilote)

Médaille en chocolat

La Note: 1/5

Kate, une ancienne fêtarde, change de vie instantanément lorsqu'elle tombe amoureuse d'un homme qui a déjà trois enfants, très manipulateurs, et deux ex-femmes, très présentes, qui la jugent sans cesse. En emménageant avec lui, elle n'imaginait pas devoir faire autant de sacrifices...

Qu’est-ce qu’une « femme trophée » ? Après des recherches poussées auprès d’une cellule féministe reconnue, il s’agit d’une femme satisfaisant l’ego de son mari par son extrême beauté, et souvent sa jeunesse, reléguée dans l’inconscient de ce dernier au niveau des divers objets symbolisant sa réussite professionnelle (montres de Séguéla, voitures, gadgets…). Avec cette expression peu reluisante en guise de titre, on était en droit d’attendre de cette comédie qu’elle torde allègrement le cou à ces considérations bassement machistes. On sait bien que c’est du second degré de la part des deux créatrices, encore faut-il l’assumer à l’écran. Or ce pilote manque singulièrement de mordant et rentre dans la case baignée de naphtaline de la comédie familiale, dans le sens paresseux du terme, gentillette mais inintéressante car dépourvue de la moindre aspérité.

Trophy Wife (Pilote)

La faute à une écriture éléphantesque, des personnages aux caractères prévisibles, des blagues aseptisées (à une ou deux exceptions près) et une actrice qui se prend pour Cameron Diaz mais qui joue finalement très mal ce rôle de cruche blonde faussement superficielle. Or tout l’enjeu de la série est là : cette femme-enfant doit prouver qu’elle peut assumer son nouveau rôle de mère au foyer envers et contre tout l’entourage de son mari qui la prend pour une débile irresponsable. Mais cela ne fonctionne pas. Malin Akerman n’est pas la seule fautive. Le gros problème vient du couple en lui-même, peu crédible car très peu mis en lumière et en valeur dans le scénario. A partir de là, comment croire à la détermination de cette femme si l’on ne croit pas à l’amour qui la lie à son mari ? Trophy Wife ne gagne que le prix de notre indifférence…

Repost 0
Sébastien Mauge
commenter cet article
29 septembre 2013 7 29 /09 /septembre /2013 11:15
The Blacklist (Pilote)

Liste Rouge

La Note: 3.5/5

Le criminel le plus recherché du monde se rend mystérieusement à la police et offre ses services en dénonçant tous ceux avec qui il a collaboré sur ses crimes par le passé. Sa seule contrepartie : travailler avec une agent du FBI débutante avec qui il n'a semble-t-il aucune connexion...

Créée par un petit scénariste de thrillers moyens (Taking Lives avec Angelina Jolie et The Call avec Halle Berry), The Blacklist était précédée d’un a priori très favorable basé sur les retours enthousiastes d’un panel de personnes ayant pu assister au visionnage test de son pilote. Ce dernier étant réalisé par Joe Carnahan, auteur il y a une dizaine d’années du magnifique polar Narc avant de se perdre un peu en chemin, on espérait effectivement quelque chose d’à la fois sombre et distrayant, dominé par un personnage charismatique savoureux, une figure mââââle du Maaaal. D’autant que cette figure, contrairement à ce que l’on pourrait croire, n’est PAS un serial killer, ce qui est assez rare en ce moment pour être souligné et salué. Bon il s’agit tout de même d’un des criminels les plus recherchés de la planète, c’est vrai, mais il ne tue pas les gens parce qu’il aime trop sa maman. C’est une sorte de globe trotter solitaire du crime qui côtoie et offre ses services aux crapules insaisissables les plus riches. Il les connait toutes, c’est d’ailleurs pour cela qu’on le surnomme le « Concierge du Crime »…ce qui est moins sexy que le « Tronçonneur de la rue des Corbeaux », je vous l’accorde, mais on avait dit PAS de serial killer… Quoi qu’il en soit, il va balancer ce petit monde en suivant sa fameuse liste (c’est pratique, un nom à rayer par épisode) et en menant les enquêtes avec une jeune novice du FBI choisie par ses soins.

The Blacklist (Pilote)

Avouons-le, l’introduction de ce pilote, à savoir la reddition du Concierge, n’est pas très engageante: gros plan sur le drapeau américain, musique de suspense archi rebattue, montage rapide et elliptique masquant à peine la vacuité de la relation convenue entre le chassé et le chasseur (piques et vannes habituelles du criminel intelligent à l’égard du flic penaud), etc. Cerise sur le pudding, on apprend que le traître s’appelle Raymond Reddington, alias « Red » (« Rouge »), clin d’œil balourd et maladroit à d’autres « traîtres » historiques des Etats-Unis, les communistes américains, eux-aussi blacklistés en leur temps. C’est d’autant plus idiot que la série s’appuie sur l’histoire vraie d’un gangster surnommé… « Whitey »! Quand soudain, on assiste à une rupture de ton et à un changement de rythme. On nous présente le personnage d’Elizabeth Keen, la novice évoquée plus haut, avec son mari, dans un cadre domestique presque comique. Il ne faudra pas trop s’y fier… C’est là que le face-à-face commence vraiment et que notre curiosité est enfin piquée au vif.

The Blacklist (Pilote)

Cette rencontre entre un manipulateur bienveillant et une jeune détective tourmentée n’est pas sans évoquer la relation ambigüe qu’entretenait Hannibal Lecter avec Clarice Starling dans Le Silence des Agneaux (même si on avait dit PAS de…ok j’arrête). James Spader se régale et se réinvente. Acteur troublant au physique de jeune premier pervers dans Sexe, Mensonges et Vidéo de Soderbergh (1989), Crash de Cronenberg (1996) et La Secrétaire de Shainberg (2002) (oui il a aussi joué chez SpielBERG), il parvient à redévelopper son inquiétante étrangeté avec sa nouvelle allure de vieux chauve grassouillet. Face à lui, on pouvait douter de la prestation de l’inexpérimentée Megan Boone. C’est au contraire une très bonne pioche. Elle joue remarquablement la fausse ingénue au passé mystérieux, comme le prouve sa scène d’entretien avec le FBI dans laquelle elle se « profile » de manière presque glaçante. Que cache-t-elle ? Quel est son rapport avec Red ? Qui est son mari ? Au final, on se pose plus de questions sur elle que sur Red. Nous ne sommes pas au bout de nos surprises et c’est tant mieux.

The Blacklist (Pilote)

Ce jeu psychologique, à la violence contenue (à part un coup de couteau dans une carotide mais ça ce n’est rien), fonctionne en alternance avec des scènes d’action plutôt réussies, selon le principe des montagnes russes ou rollercoaster comme disent les ricains. Si la série conserve ce bon dosage, garde ses petites pointes d’originalité occasionnelles (ici une reprise étonnante du 99 Problems de Jay-Z) et fait un petit effort pour étoffer ses enquêtes afin d’éviter les résolutions tirées par les cheveux comme c’est le cas dans ce pilote, alors on se prendra à souhaiter que cette Blacklist ne se fasse pas blackboulée et devienne longue comme le bras.

Repost 0
Sébastien Mauge
commenter cet article
26 septembre 2013 4 26 /09 /septembre /2013 21:06
Marvel's Agents of S.H.I.E.L.D. (Pilote)

Héros Corp

La Note: 3.5/5

Les aventures mouvementées des membres de la "Strategic Homeland Intervention, Enforcement and Logistics Division, plus connu sous le nom de "S.H.I.E.L.D.".

La voici, la voilà, LA nouveauté la plus attendue de cette rentrée US. On la doit au gourou Joss Whedon, créateur culte de Buffy contre les vampires et réalisateur du film Avengers dont cette série est la suite. Cette filiation cinématographique directe est d’ailleurs inédite (de grâce, mettons de côté les bessonneries du type Nikita, Transporteur et prochainement Taxi) et se devait d’être plus qu’un simple trait d’union télévisuel entre Avengers 1 et 2. Après s’être longtemps regardés en chiens de faïence, après des appels du pied de plus en plus pressants, le cinéma et la télé n’en finissent pas désormais de célébrer leurs noces symbiotiques, que ce soit chez les gangsters de Boardwalk Empire, dans la fiction politique d’House of Cards ou à travers les visions horrifiques d’Hannibal. En bref, on attendait qu’Agents of S.H.I.E.L.D. soit aux blockbusters de super héros ce que Breaking Bad est au cinéma indépendant des frères Coen : un équivalent qui fera date.

Marvel's Agents of S.H.I.E.L.D. (Pilote)

Si nous n’en sommes pas encore là, force est de constater que ce pilote plutôt bien troussé pose néanmoins les jalons d’un divertissement solide et haut de gamme. Le pitch est on ne peut plus simple : après les événements de la fin d’Avengers, notamment la « Bataille de New-York », les super héros sont désormais exposés. L’agence du S.H.I.E.L.D. a pour mission de les retrouver (on suppose qu’il y en aura un par épisode) avant que de nébuleuses puissances ne les attrapent pour en faire ce que bon leur semble, à savoir du mal. On retrouve Cobie Smulders, la Robin d’How I Met Your Mother (pour ceux qui n’ont pas suivi) et Clark Gregg qui reprend le rôle de Phil Coulson. Il n’est donc pas mort (pour ceux qui ne suivent toujours pas)! Fidèle à lui-même, Whedon a gardé l’esprit du film et a même profité du passage au petit écran, et de ses contraintes, pour l’accentuer.

Marvel's Agents of S.H.I.E.L.D. (Pilote)

En effet, les moyens étant plus limités, ne vous attendez pas à être ébouriffés par des scènes virevoltantes saturées d’effets spéciaux. En revanche, vous serez sans doute surpris par l’emploi de l’humour, distillé dans le film entre deux scènes d’action spectaculaires, et qui est ici décuplé pour finalement innerver l’ensemble. Whedon se joue des codes, se moque du titre de sa série, ridiculise ses personnages et multiplie les clins d’œil à la culture populaire. Certes sa mise en scène est très soignée mais on retient plus le fait d’avoir rit que de s’en être pris plein la poire. Cela donne un côté intimiste et familier très agréable. Nous sommes au plus près des personnages et loin de la lourdeur psychologique d’Heroes, série à laquelle on pense forcément et que Whedon semble pointer du doigt. Mais cet aspect cool et décontracté est peut-être aussi la limite de ce projet. Tout est trop shiny. C’est un contre-pied intéressant par rapport aux récents atermoiements glauques d’un Batman mais le manque d’obscurité et de pensées sombres est assez criant dans ce pilote et pourrait porter préjudice à l’ensemble, en tous cas en ce qui nous concerne. A trop vouloir faire le malin, Whedon risque d’oublier le petit enfant qui sommeille en chacun de nous et qui croit toujours dur comme fer que les super héros, c’est du sérieux.

Repost 0
Sébastien Mauge
commenter cet article
24 septembre 2013 2 24 /09 /septembre /2013 15:06
The Goldbergs (Pilote)

La fête à la maison!

La Note: 4/5

Grandir dans les années 80 au sein d'une famille complétement barrée mais aimante, c'était le quotidien d'Adam, aujourd'hui trentenaire, qui se demande comment il a pu devenir si "normal" dans de telles conditions. A partir des vidéos qu'il a tournées pendant toute son enfance, il en retrace les événements les plus marquants...

Demandez à un trentenaire ce que lui évoquent les années 80, il lui viendra alors instantanément à l’esprit une flopée d’images: une borne d’arcade, le Breakdance, les gros pulls, les choucroutes capillaires, MTV, Karaté Kid, Alf, SOS Fantômes, Retour vers le futur, K2000, E.T., Arnold et Willy, etc. Adam Goldberg, 37 ans, créateur des Goldbergs, connaît ces références par cœur, à tel point qu’il les fait défiler une à une dès le début de ce pilote. Selon une évolution cyclique inéluctable, la nostalgie du vintage 80’s est logiquement en vogue depuis quelques années. On s’attend donc, après ce florilège de madeleines, à assister à un vulgaire show draguant ostensiblement ce fameux trentenaire, devenu bien entendu l’une des cibles privilégiées des annonceurs publicitaires. Or, même si cet aspect a sans doute pesé dans la balance pour que la chaîne ABC donne son feu vert, The Goldbergs est heureusement bien plus que cela. C’est un projet personnel dans un décor référentiel qui parle à toute une génération. Et, on le sait, quand l’intime se mêle à l’universel dans une fiction, cela occasionne souvent un supplément d’âme et une originalité qui font la différence. C’est le cas ici.

The Goldbergs (Pilote)

Ce petit plus, on le doit bien sûr à Goldberg lui-même. Cette série, c’est avant tout son histoire et celle de sa famille. Au-delà même du titre, on découvre à la fin du pilote de vrais extraits vidéo de la vraie famille Goldberg, filmée par le vrai jeune Adam. On est amusé puis saisi par cette entreprise rare et courageuse qui consiste à mettre en scène les souvenirs de sa propre famille dans une comédie, en validant leur authenticité auprès du téléspectateur par ces extraits homemade, c’est le cas de le dire. A ce stade ce n’est plus de l’autodérision mais carrément de l’auto psychanalyse! Parce que c’est une comédie, certes, mais extrêmement vacharde. Les piques fusent entre les personnages, dotés chacun de spécificités peu flatteuses : le père qui jure comme un charretier, la mère ultra possessive, les deux ados dégoûtés de la vie (mention spéciale à l’interprète de Barry, gros potentiel comique et sosie sans lunettes de Leonard Hofstadter), et le grand-père gâteau mais néanmoins gâteux. Quand au petit Adam, il se demande déjà comment faire pour toucher sa première paire de seins…

The Goldbergs (Pilote)

Cette hystérie familiale nous fait rire et nous touche car elle est intemporelle. Elle n’est pas propre aux années 80. Mais surtout elle sonne juste. Malgré les retouches fictionnelles joyeusement outrancières, on sent qu’il y a un fond de vérité, cette fameuse authenticité recherchée par le créateur. Quand en rentrant du travail, le père se dessape après avoir à peine franchi le pas de la porte, on se dit que c’est le genre d’anecdotes qui ne s’inventent pas. C’est ainsi que la série gagne pour l’instant sur les deux tableaux : on rit des situations familiales et en plus on s’amuse du « décor » référentiel dans lequel elles évoluent. Le meilleur reste bien entendu quand les deux se rejoignent. La scène où Barry explique à sa mère que de toute façon il n’y a que Flavor Flav (MC de Public Enemy) qui le comprenne avant de s’enfuir en courant comme c’est pas permis, m’a occasionné un fou rire, chose qui ne m’était pas arrivé depuis les premiers Community et le pilote de Raising Hope. C’est dire l’envie de poursuivre cette visite dans ce passé recomposé. Procurez-vous les VHS d’urgence!

Repost 0
Sébastien Mauge
commenter cet article
24 septembre 2013 2 24 /09 /septembre /2013 14:42
Mom (Pilote)

How I hate my mother

La Note: 2/5

Christy, une mère de famille célibataire, tout juste sortie de cure de désintoxication, doit remettre de l'ordre dans sa vie. Mais sa mère, Bonnie, une alcoolique notoire avec qui elle n'a plus eu de contact depuis plusieurs mois, refait surface et lui complique infiniment la tâche. Lorsque ses enfants et son boss s'y mettent à leur tour, rien ne va plus pour Christy... à nouveau !

Après l’épouvantable Dads il y a quelques jours et avant The Millers, voici donc Mom, énième variation sur le thème de l’irruption non souhaitée des parents dans la vie de leurs enfants devenus adultes. On a déjà eu l’occasion de le dire mais puisque cela devient symptomatique et que les scénaristes se répètent, il n’y a pas de raison qu’on ne le fasse pas non plus : cette propension à vouloir recréer le cocon familial et à en tirer le maximum de ressorts comiques a pour but à peine voilé de vouloir rassurer le téléspectateur miné par la crise en lui présentant une sorte de solidarité de façade comme solution à tous les maux extérieurs. Peu importe leur degré de morale, il faut ainsi s’appuyer sur nos aînés, les voir comme des repères pouvant nous guider à travers la jungle d’un monde moderne qui pourtant les dépasse. On a l’impression qu’être adulte ne suffit plus pour mener sa vie, il faut que papa et/ou maman viennent à la maison donner un coup de main au lieu de se la couler douce à Miami. Résultat : le groupe de potes, de Friends à How I Met Your Mother, s’efface au profit du noyau familial même si celui-ci est au cœur d’un fruit pourri. Idée réac’ ou salutaire ? Chacun jugera mais ce n’est pas à nous de le dire ici.

Mom (Pilote)

Ce que l’on peut dire en revanche, c’est que la multiplication de ce schéma dans les nouveautés de la rentrée risque de nous lasser très vite. Pour Mom, la présence de Chuck Lorre aux manettes nous rassurait un peu, malgré une grande interrogation. Après deux séries ultra masculines (Mon Oncle Charlie et The Big Bang Theory) et une troisième sur le couple (Mike et Molly), le gourou comique de la chaîne CBS en propose une clairement féminine. Sa patte et son style sont-ils solubles dans les mystères et tracas de la Femme ou allons-nous devoir supporter une surdose d’hystérie grossière? Verdict : ni l’un ni l’autre. On peut même dire que c’est la routine mais en moins bien que d’habitude. Les dialogues sont toujours aussi affûtés mais souffrent d’un petit manque de cruauté et tombent à plat une fois sur trois. La casting est bon (il y a même Badger de Breaking Bad !), Anna Faris s’agite comme il faut, mais l’ensemble pâtit d’un trop grand nombre de personnages dont certains ne méritent pas vraiment de revenir en deuxième semaine. On le sait, une comédie a besoin de temps pour s’installer et cette histoire de transmission maternelle sur trois générations a du potentiel. Mais l’accouchement ronronnant du pilote de Mom nous donne plutôt envie de couper le cordon.

Repost 0
Sébastien Mauge
commenter cet article
21 septembre 2013 6 21 /09 /septembre /2013 15:56
Brooklyn 9-9 (Pilote)

Y a-t-il un flic pour sauver Brooklyn?

La Note: 3.5/5

La vie au sein du commissariat de police de Brooklyn n'est pas de tout repos: une pléiade d'inspecteurs un poil loufoques doivent jongler entre leur mission de protéger et servir les habitants de la ville, leur vie personnelle et surtout celle du bureau.

Créée par Mike Shur, showrunner de Parks and Recreation et scénariste, producteur, acteur de The Office US, Brooklyn 9-9 avait toutes les chances de nous séduire même si l’on pouvait craindre une certaine redite par rapport aux séries précédemment citées. Encore un mockumentaire avec des personnages loufoques dans un bureau. Certes nous ne sommes plus dans une entreprise ni dans une mairie mais dans un commissariat de police. On allait rire, c’est sûr, mais peut-être aussi se lasser plus vite que d’habitude. Résultat des courses : on a ri, même si la majorité des gags de ce pilote était éventée puisque présente dans la bande-annonce qui circule depuis plusieurs semaines, et on salue la volonté de Shur de s’éloigner subtilement de son travail passé en nous proposant un objet sériel hybride plutôt prometteur.

Brooklyn 9-9 (Pilote)

Pourquoi hybride ? Parce qu’on sent d’entrée que la série n’utilisera pas son cadre de copshow comme du simple papier peint. Il y aura des enquêtes, aussi barrées et aberrantes soient-elles, et l’on assistera à du « vrai » police work avec courses-poursuites et dézingages en règle . Il s’agit ici de respecter le canevas pour mieux s’en moquer et créer un léger décalage sans que ce soit la grosse gaudriole. La musique employée est un bon exemple de cet état d’esprit. Elle remixe allègrement des thèmes aux sonorités très 70’s qui nous font penser immédiatement à Shaft ou Starsky et Hutch. Même impression dans la conduite du récit qui se démarque un peu de celle des mockumentaires en étant moins linéaire (on note même quelques flashbacks). En fait, c’est bête à écrire mais nous sommes dans une véritable comédie policière par opposition à Police Academy par exemple.

Brooklyn 9-9 (Pilote)

Par conséquent le modèle le plus pertinent pour Brooklyn 9-9 serait peut-être Police Squad, cette minisérie des auteurs de tous les Y a-t-il un pilote, flic, etc… qui mettait en scène pour la première fois, en 1982, le célèbre personnage du lieutenant Frank Drebin, incarné par l’inoubliable Leslie Nielsen. C’était aussi un mélange de gags potaches et d’hommage aux polars, même s’il s’agissait en l’occurrence de ceux des années 50. Mais là encore, Shur trouve le moyen de se démarquer, grâce à son personnage principal. Jake Peralta n’est pas un gaffeur invétéré comme Drebin, c’est un flic tête-à-claque (merci Andy Samberg, déjà énorme dans la série anglaise Cuckoo) coincé dans l’âge bête, qui fait des courses de chaise propulsée par un extincteur mais boucle ses enquêtes avec une facilité déconcertante. Du coup ce n’est pas non plus un loser à la Office et Cie. Par rapport à ses aînées, la série perd donc en cynisme ce qu’elle gagne en fun et cool attitude. Avouez que cela change un peu. En tous cas ça donne envie d’appeler le 911 toutes les semaines.

Repost 0
Sébastien Mauge
commenter cet article
20 septembre 2013 5 20 /09 /septembre /2013 17:26
Dads (Pilote)

Mon père ce zéro

La Note: 0.5/5

Warner et Eli, deux papas trentenaires, voient leurs vies basculer dans l'absurdité quand leurs pères décident d'emménager avec eux.

Résumé des épisodes précédents. A la base, Dads est une série comique a priori prometteuse car créée par Seth MacFarlane, auteur respectable de la série animée Les Griffin et de Ted, un des gros succès ciné de 2012. Mais les premiers échos sont désastreux. Tout d’abord l’association MANAA (Media Action Network for Asian Americans) juge le pilote offensant vis-à-vis des asiatiques. Puis c’est au tour des critiques américaines de conspuer la sitcom en utilisant des termes sans équivoque : « vieillot », « raciste », « pas drôle »… Enfin la twittosphère s’est déchaînée juste après la diffusion en reprenant peu ou prou l’argumentation des journalistes. Mais ce genre d’emballement pudibond n’est pas forcément un mauvais signe et au vu du passé de son auteur, on pouvait légitimement espérer que Dads soit une petite série irrévérencieuse et gentiment provoc’. Il n’en est rien malheureusement et le mauvais buzz était justifié. Sauf sur un point.

Dads (Pilote)

Il est facile de dire pourquoi Dads est raté. Il suffit de pointer les carences d’une écriture effectivement dépassée, de relever les chutes qui tombent à plat, de souligner le cabotinage forcé d’acteurs un peu perdus, de régurgiter les bons sentiments saupoudrés sur une pseudo psychologie se gavant de travers de pères et de remarquer enfin que le public live a sans doute été drogué à son insu puisqu’il huuurle de rire à la moindre réplique et balance des « whoohoo » intempestifs particulièrement agaçants. Le seul passage éventuellement drôle a lieu lorsque les deux compères aux pères cons présentent leur nouveau jeu vidéo (oui ils bossent dans une boîte de jeux vidéo) « Kill Hitler 2 ». Le premier avait cartonné parce que « les gens se sont rendus compte qu’ils aimaient bien tuer Hitler ». Mais à part ça, nous sommes d’accord avec les qualificatifs « vieillot » et « pas drôle ».

Dads (Pilote)

En revanche, le terme « raciste » est plus problématique. Dire qu’une œuvre est raciste, c’est sous-entendre deux éventualités : soit les créateurs, les producteurs, les scénaristes, les interprètes, voire les techniciens ont tous participé délibérément à une entreprise de dénigrement d’un peuple, soit ils sont tous stupides et ne se sont pas rendus compte du mal qu’ils faisaient. La vérité est ailleurs, comme disait Mulder. Dads n’est ni facho, ni stupide, elle est juste pas drôle du tout. MacFarlane a tenté une sitcom familiale avec des blagues risquées et provoc’ mais il a raté le coche. S’il avait réussi on aurait parlé de génie comique, il a échoué c’est donc un raciste. Ce genre de réflexion binaire est l’apanage des commentaires lapidaires sur les réseaux sociaux et favorise la montée en épingle de polémiques de pacotille. Jugeons la série sur ce qu’elle est vraiment, c’est-à-dire pas grand-chose, mais ne la taxons pas de tous les maux. Comme l’aurait dit Œdipe : « Oui, il faut tuer Dads. Mais pas n’importe comment! »

Repost 0
Sébastien Mauge
commenter cet article
19 septembre 2013 4 19 /09 /septembre /2013 14:02
Sleepy Hollow (Pilote)

Sans queue ni tête

La Note: 2.5/5

Afin de faire régner la paix au sein d'une communauté menacée par divers mystères, Ichabod Crane collabore avec la shérif de Sleepy Hollow...

Les co-créateurs de Fringe auraient-ils perdu la boule? Roberto Orci et Alex Kurtzman, membres de la Abrams family, nous proposent en effet une version abracadabrantesque de la nouvelle de Washington Irving, popularisée au cinéma par Tim Burton et Johnny Depp en 1999. Disons-le d’emblée, la trame principale est idiote. Après avoir décapité un étrange cavalier sur un champ de bataille de la guerre d’indépendance, Ichabod Crane se réveille de nos jours à Sleepy Hollow et s’aperçoit qu’il n’est pas le seul à avoir fait cet invraisemblable voyage dans le temps. Voulant récupérer sa tête, le cavalier s’entête à étêter tout ce qui bouge au sein de cette ville par ailleurs emplie de mystères non élucidés. Associé à une flic victime d’une de ces affaires non classées, Crane va tout faire pour l’arrêter.

Sleepy Hollow (Pilote)

Malgré cette mise en route imbitable, le pilote parvient à distiller un certain charme grâce à la patte des auteurs, reconnaissable entre mille. Après tout, une femme obligée de bosser avec un type coincé dans son passé et que l’on traite de fou, afin de résoudre des énigmes surnaturelles, cela ne vous rappelle pas les personnages d’Olivia Dunham et de Walter Bishop dans Fringe? Autre trait commun, l’humour. Même si l’on ne peut s’empêcher de penser à Christian Clavier dans Les Visiteurs lorsque Crane joue avec le vitre électrique de la voiture, on relève quelques pointes et piques amusantes qui posent les bases de la future relation entre les deux protagonistes. De plus Tom Mison, sorte de Christian Bale période anorexique, a la bonne idée de « décaler » légèrement son personnage sans le décalquer sur celui, magnifique et intouchable, de Depp.

Sleepy Hollow (Pilote)

Du côté de la mise en scène et de l’esthétique globale, tout est très soigné. Le réalisateur Len Wiseman a l’habitude des ambiances gothiques, lui qui a mis en boîte une partie de la saga Underworld (même si son meilleur film reste Die Hard 4, nous sommes d’accord). Il nous offre un Sleepy Hollow plutôt élégant, baignant dans une nuit sans fin parée d’un épais brouillard, même si l’on peut regretter une tendance à vouloir donner un relief superficiel à sa mise en scène en plaçant sa caméra à des endroits incongrus (porte et roue de voiture, tête tombante, judas…). Mais l’ensemble reste tout à fait honorable. On est même agréablement flippé par l’apparition du Diable en personne, justifiant ainsi l’emploi de l’inusable Sympathy for The Devil des Stones en intro et outro de l’épisode. Au final, vous l’aurez compris, ce pilote assez moyen pâtit donc surtout de l’exposition bancale de son histoire mais laisse entrevoir l’espoir de découvrir chaque semaine des enquêtes barrées dans une atmosphère délicieusement étrange et…sans prise de tête. Le public américain semble d’ailleurs faire confiance aux auteurs puisque, niveau audience, Sleepy Hollow a démarré sur les chapeaux de roues, ce qui tend à confirmer ce célèbre adage : têtes qui roulent amassent les foules…

Repost 0
Sébastien Mauge
commenter cet article
16 septembre 2013 1 16 /09 /septembre /2013 17:27
The Americans (Saison 1)

Spy Game

Phillip et Elizabeth Jennings, deux espions du KGB dont le mariage a été arrangé, vivent avec leurs deux enfants dans la banlieue de Washington au début des années 80, juste après l'élection de Ronald Reagan. Se sentant une certaine affinité pour le mode de vie américain, le couple voit ses convictions mises à rude épreuve. Assumer une double identité va devenir de plus en plus difficile pour eux, d'autant qu'en cette période de Guerre Froide, le moindre faux pas peut leur coûter la vie...

La Note: 4.5/5

Pour faire la promotion de sa diffusion prochaine sur Canal+Séries, The Americans n’a pas lésiné sur les moyens. Le show, situé en pleine Guerre Froide, a en effet récemment bénéficié de l’amicale participation de deux poids lourds de la com’, deux stars mondialement connues : Barack Obama et Vladimir Poutine. Alors que les escarmouches entre les deux chefs d’Etat réveillent dans la presse le souvenir de l’opposition secrète et stratégique entre « le monde libre » et « l’empire du Mal », dixit Ronald Reagan, les téléspectateurs amusés du programme de la chaîne américaine FX y voient un signe ironique qui valide la pertinence de réaliser en 2013 une série d’espionnage se déroulant dans les 80’s. Preuve supplémentaire: son créateur, Joe Weisberg, s’est inspiré d’une histoire vraie relatant l’arrestation d’espions russes vivant depuis des années sur le sol américain comme des familles normales. C’était en 2010…

The Americans (Saison 1)

A vrai dire, après les succès de 24h Chrono et Homeland, faire une œuvre contemporaine sur le contre-espionnage ne s’apparentait pas franchement à l’idée du siècle. Celle de retourner trente ans en arrière semblait donc paradoxalement pour Weisberg plus originale. Encore fallait-il réussir à évoquer ces années de Guerre Froide sans que cela sente le réchauffé. Mission : Impossible ? Pas du tout, le contrat est même rempli haut la main. Grâce à quelque chose de tout bête, parfois laissé de côté dans les fictions de ce type, où l’on retrouve un affrontement déshumanisé par les nouvelles technologies : le plaisir du jeu. Celui du chat et de la souris, du travestissement, de la dissimulation et du mensonge frontal, autant de performances ludiques liées à l’enfance et impensables à l’ère du numérique. Tout ceci n’est qu’un jeu, il n’y a aucune ambition politique dans la série, si ce n’est celle de mettre en parallèle, sans parti pris, deux camps finalement très proches qui se retrouvent dans la figure chaplinienne du dictateur enfantin jouant avec sa mappemonde de baudruche.

The Americans (Saison 1)

Ce rapport à l’enfance est renforcé par un refus salutaire de toute nostalgie vintage et second degré, un piège pourtant attendu lorsque l’on évoque les années 80. Certes les perruques de Matthew Rhys nous font sourire, surtout celle de Clark son alter ego régulier, mais cela reste de l’ordre du clin d’œil et non de la moquerie appuyée. Weisberg a fait le bon choix de jouer le jeu sérieusement comme quand les enfants que nous étions jouaient « sérieusement » aux espions et à la guerre. C’est grâce à cette politique esthétique et narrative que l’on prend un plaisir fou à gober toutes les invraisemblances, les ellipses et les mises en situation expéditives : pas de temps de préparation, comme les gamins, les personnages veulent jouer tout de suite! Cela ne plaira pas à tout le monde et certains trouveront sans doute The Americans trop schématique, voire trop géométrique. Il est vrai qu’à l’image de son générique, la série abuse peut-être un peu des constructions parallèles et symétriques, même si cela symbolise évidemment l’extrême ressemblance entre les deux camps, que ce soit dans les motivations, les doutes et les drames, et souligne donc in fine l’absurdité d’une telle guerre.

The Americans (Saison 1)

Ceci dit, et avec tout le respect que l’on doit à l’agent 007, nous ne sommes pas non plus dans James Bond. L’aspect enfantin de la série se mue petit à petit en réflexion adulte sur le couple, la parentalité et le thème de l’amour impossible. Là aussi dans les deux camps. Comment construire une vie de famille sur un mensonge? Ce mensonge peut-il devenir une vérité et donner naissance à un véritable amour? Doit-on trahir ses sentiments ou sa patrie ? C’est lorsque l’histoire d’Amour torpille l’Histoire tout court que la série verse dans une certaine mélancolie touchante, et pour le coup intemporelle, appuyée par des choix musicaux pertinents. En effet, qui dit années 80 dit The Cure. Il était impensable que la série passe à côté. Or, au lieu de choisir un morceau solaire du type Just Like Heaven, la production a préféré l’ambiance nocturne de Siamese Twins (tiens, encore une symétrie) issue de l’album le plus sombre du groupe, Pornography. Cela donne une originalité, un supplément d’âme et une profondeur à ce divertissement de grande qualité qui dans sa deuxième partie fait s’évanouir les frontières par le flou des sentiments, sans laisser de côté le jeu. Ce n’est pas un hasard si la dernière scène du dernier épisode fait la part belle à une obscure chanson de Peter Gabriel qui fait office de manifeste de la série: Games without frontiers… Vivement la suite pour de nouvelles soirées whiskey/vodka!

Repost 0
Sébastien Mauge
commenter cet article

Présentation

  • : A suivre...
  • A suivre...
  • : Critique séries TV
  • Contact

Recherche

Liens