Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
29 septembre 2013 7 29 /09 /septembre /2013 11:15
The Blacklist (Pilote)

Liste Rouge

La Note: 3.5/5

Le criminel le plus recherché du monde se rend mystérieusement à la police et offre ses services en dénonçant tous ceux avec qui il a collaboré sur ses crimes par le passé. Sa seule contrepartie : travailler avec une agent du FBI débutante avec qui il n'a semble-t-il aucune connexion...

Créée par un petit scénariste de thrillers moyens (Taking Lives avec Angelina Jolie et The Call avec Halle Berry), The Blacklist était précédée d’un a priori très favorable basé sur les retours enthousiastes d’un panel de personnes ayant pu assister au visionnage test de son pilote. Ce dernier étant réalisé par Joe Carnahan, auteur il y a une dizaine d’années du magnifique polar Narc avant de se perdre un peu en chemin, on espérait effectivement quelque chose d’à la fois sombre et distrayant, dominé par un personnage charismatique savoureux, une figure mââââle du Maaaal. D’autant que cette figure, contrairement à ce que l’on pourrait croire, n’est PAS un serial killer, ce qui est assez rare en ce moment pour être souligné et salué. Bon il s’agit tout de même d’un des criminels les plus recherchés de la planète, c’est vrai, mais il ne tue pas les gens parce qu’il aime trop sa maman. C’est une sorte de globe trotter solitaire du crime qui côtoie et offre ses services aux crapules insaisissables les plus riches. Il les connait toutes, c’est d’ailleurs pour cela qu’on le surnomme le « Concierge du Crime »…ce qui est moins sexy que le « Tronçonneur de la rue des Corbeaux », je vous l’accorde, mais on avait dit PAS de serial killer… Quoi qu’il en soit, il va balancer ce petit monde en suivant sa fameuse liste (c’est pratique, un nom à rayer par épisode) et en menant les enquêtes avec une jeune novice du FBI choisie par ses soins.

The Blacklist (Pilote)

Avouons-le, l’introduction de ce pilote, à savoir la reddition du Concierge, n’est pas très engageante: gros plan sur le drapeau américain, musique de suspense archi rebattue, montage rapide et elliptique masquant à peine la vacuité de la relation convenue entre le chassé et le chasseur (piques et vannes habituelles du criminel intelligent à l’égard du flic penaud), etc. Cerise sur le pudding, on apprend que le traître s’appelle Raymond Reddington, alias « Red » (« Rouge »), clin d’œil balourd et maladroit à d’autres « traîtres » historiques des Etats-Unis, les communistes américains, eux-aussi blacklistés en leur temps. C’est d’autant plus idiot que la série s’appuie sur l’histoire vraie d’un gangster surnommé… « Whitey »! Quand soudain, on assiste à une rupture de ton et à un changement de rythme. On nous présente le personnage d’Elizabeth Keen, la novice évoquée plus haut, avec son mari, dans un cadre domestique presque comique. Il ne faudra pas trop s’y fier… C’est là que le face-à-face commence vraiment et que notre curiosité est enfin piquée au vif.

The Blacklist (Pilote)

Cette rencontre entre un manipulateur bienveillant et une jeune détective tourmentée n’est pas sans évoquer la relation ambigüe qu’entretenait Hannibal Lecter avec Clarice Starling dans Le Silence des Agneaux (même si on avait dit PAS de…ok j’arrête). James Spader se régale et se réinvente. Acteur troublant au physique de jeune premier pervers dans Sexe, Mensonges et Vidéo de Soderbergh (1989), Crash de Cronenberg (1996) et La Secrétaire de Shainberg (2002) (oui il a aussi joué chez SpielBERG), il parvient à redévelopper son inquiétante étrangeté avec sa nouvelle allure de vieux chauve grassouillet. Face à lui, on pouvait douter de la prestation de l’inexpérimentée Megan Boone. C’est au contraire une très bonne pioche. Elle joue remarquablement la fausse ingénue au passé mystérieux, comme le prouve sa scène d’entretien avec le FBI dans laquelle elle se « profile » de manière presque glaçante. Que cache-t-elle ? Quel est son rapport avec Red ? Qui est son mari ? Au final, on se pose plus de questions sur elle que sur Red. Nous ne sommes pas au bout de nos surprises et c’est tant mieux.

The Blacklist (Pilote)

Ce jeu psychologique, à la violence contenue (à part un coup de couteau dans une carotide mais ça ce n’est rien), fonctionne en alternance avec des scènes d’action plutôt réussies, selon le principe des montagnes russes ou rollercoaster comme disent les ricains. Si la série conserve ce bon dosage, garde ses petites pointes d’originalité occasionnelles (ici une reprise étonnante du 99 Problems de Jay-Z) et fait un petit effort pour étoffer ses enquêtes afin d’éviter les résolutions tirées par les cheveux comme c’est le cas dans ce pilote, alors on se prendra à souhaiter que cette Blacklist ne se fasse pas blackboulée et devienne longue comme le bras.

Partager cet article

Repost 0
Sébastien Mauge
commenter cet article

commentaires

Présentation

  • : A suivre...
  • A suivre...
  • : Critique séries TV
  • Contact

Recherche

Liens