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18 novembre 2010 4 18 /11 /novembre /2010 12:21

Memory Lane

 

 

Ciel éther

 

Malgré quelques défauts, Memory Lane est une jolie bulle de nostalgie empreinte de douceur et d’amertume. Un premier film intéressant.

 

Le pitch: Août, Hauts de Seine, dans la banlieue Sud-Ouest de Paris, sept amis de 25 ans se retrouvent plus ou moins "fortuitement" à passer quelques jours dans cette ville qui les a vus grandir. Chacun a ses raisons d’être là : certains y vivent encore, d’autres y reviennent pour des raisons familiales, d’autres y cherchent des traces d’une adolescence tenace, d’autres pensent peut-être échapper au désoeuvrement ou y trouver l’amour...



Mon avis: On ressort de la projection du premier long-métrage de Mikhaël Hers comme on sort d’un doux rêve languide : l’esprit brumeux et engourdi, tentant désespérément de recoller les morceaux d’un récit qui nous échappe inexorablement, à mesure que l’on réintègre la réalité. Memory Lane a la douceur et la légèreté d’un nuage élégiaque dont les vapeurs cotonneuses nous délivreraient l’ivresse mélancolique, le nectar nostalgique des regrets éternels.


Le jeune réalisateur a choisi fort judicieusement d’épouser le rythme si particulier du mois d’août, cette période de l’année paradoxale, où le temps s’étire à l’infini malgré la menace permanente et obsédante de la rentrée qui signera la fin de la vacance du corps et de l’esprit, pour se fixer à nouveau sur le quotidien des onze prochains mois. Le fait d’enfermer ces personnages dans cette bulle intemporelle, bien que résolument tournée vers le passé, est le résultat d’un questionnement pertinent sur l’œuvre du temps qui passe. Les protagonistes vivent comme des fantômes prisonniers de l’illusion d’un passé fantasmé (l’un d’eux vit dans son ancien collège), un sentiment accentué par le jeu parfois maladroit et gêné de certains acteurs. On ressent comme un délicieux malaise à la vision de ces êtres qui soit n’arrivent pas, soit ne veulent pas avancer. Mais le temps les rattrape, la mort aussi, et la menace gronde autour d’eux comme ce vent omniprésent qui vient balayer l’espoir de rester figé à tout jamais. Il faut noter ici la remarquable musique qui ne souligne pas mais accompagne avec sensibilité et délicatesse l’errance de ce groupe d’amis. Elle est signée par le leader (également acteur dans le film) de l’excellent groupe Tahiti Boy and the Palmtree Family.


Alors bien sûr, tout n’est pas parfait, et même si le propos est intemporel, il ne parvient tout de même pas à prétendre à l’universel. Cette banlieue sclérosée dans laquelle les tournantes ne concernent que des parties de ping-pong, revêt une intime importance d’ordre autobiographique pour Mikhaël Hers, ce qui de fait n’évoquera pas grand-chose à bon nombre de spectateurs. Il y a également un côté factice dans cette entreprise (comme l’inutile attaque des skinheads) qui fait perdre de la fraîcheur à l’ensemble et le scénario tricote parfois des ficelles rigides là où l’on aurait préféré qu’il laisse se dérouler le fil délicat d’une pelote de laine mémorielle. Pour autant, ce premier film sort du lot et mérite grandement toute notre attention.



"Memory lane" de Mikhaël Hers, avec Thibaut Vinçon, Dounia Sichov, David Sztanke, sortie le 24 novembre 2010.

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